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L’art de converser avec soi-même en 10 questions (1ère partie)

Le poète anglais David Whyte maîtrise l’art du questionnement. Il n’hésite pas à se livrer à travers des anecdotes faisant écho à nos propres expériences. Il convie chacun à une véritable introspection salutaire et bienfaitrice. Selon lui, une bonne question façonne notre identité autant par le questionnement en soi que par la réponse apportée. Il expose dix questions qui devraient nous suivre tout au long de notre parcours de vie et rester constamment dans un coin de notre tête.

 

1ère question : sais-je comment tenir une vraie conversation ?

 

Lorsque vous discutez avec quelqu’un vous l’invitez à se dévoiler et à vous montrer ce qu’il veut et qui il est réellement. Cela implique une certaine vulnérabilité. De nos jours, nous avons tendance à associer la vulnérabilité à de la faiblesse or il est tout à fait possible de trouver de la force dans la vulnérabilité.

 

D’innombrables conversations peuvent être particulièrement fastidieuses mais la plus difficile reste sans doute celle entre un parent et son adolescent. Le parent essaye généralement d’offrir une perspective que l’adolescent trouve dépassée ou inutile. L’adolescent rétorque en se mettant sur la défensive et la discussion devient très vite stérile.

 

L’auteur raconte dans une anecdote qu’il a été confronté à ce genre de situation avec sa fille. En se rendant compte de la situation qu’il vivait au moment même où il la vivait il s’est dit qu’il n’avait pas là une vraie conversation. Il s’est demandé comment il pouvait y remédier. Il s’est alors donné dix minutes pour se calmer, en a profité pour préparer un plateau pour sa fille avec du thé et des cookies. Il a frappé à la porte de sa chambre et a dit d’un ton tout à fait différent « Allez Charlotte j’ai fait du thé allons parler ! ».

 

Dès qu’il a posé le plateau et qu’ils se sont assis l’un à côté de l’autre, presque par accident, il a su trouver les bons mots en disant « Charlotte, dis-moi une chose que tu souhaiterais que j’arrête de dire en tant que père et dis-moi une chose que tu voudrais que je fasse plus souvent ! ». Elle a eu ce tendre regard qu’il a toujours connu depuis son plus jeune âge. Elle était à nouveau disposée à parler car il l’avait réellement invitée à lui dire qui elle était aujourd’hui – pas ce qu’elle était devenue ni ce qu’elle avait été ou qui il voulait qu’elle soit.

 

2ème question : en quoi puis-je me donner sans réserve ?

 

La plupart d’entre nous ne savent pas ce pour quoi ils sont faits. Nous nous demandons si nous faisons simplement ce que tout le monde fait par manque d’idée, de force intérieure ou par paresse.

Apres avoir passé une mauvaise journée, David Whyte raconte que l’un de ses amis australiens un moine bénédictin l’a particulièrement surpris en lui révélant que le remède à l’épuisement et au surmenage n’était pas le repos mais le fait d’être sincère dans nos actes et agissements.  Dans son cas, cela signifiait que la vraie conversation avec sa propre vie se révélait à travers la poésie.

 

Posez-vous ces simples questions : qu’est-ce qui m’importe le plus : dans ma vocation, dans ma vie de famille, dans ce que je ressens et ce que je pense ? A chaque étape de nos vies nous devrions avoir ce genre de questionnement. La procrastination est chose aisée. Je répondrai à ce genre de question quand les enfants seront grands, quand j’aurai assez d’argent, quand je serai en retraite, quand je ne serai plus de ce monde ! N’attendez pas et posez-vous la question maintenant : en quoi puis-je me donner corps et âme en ce moment précis ?

 

3ème question : est-ce que je vis pleinement la situation présente de manière profitable ?

 

Les anciens disent souvent « si jeunesse savait, si vieillesse pouvait ». En effet, La plupart des personnes vivent cinq ans en retard par rapport à la courbe de leur propre transformation. La tentation est grande de ne pas bouger de sa zone de confort et de rester à la traine face au changement. Les personnes osent franchir le cap de la transformation lorsqu’un évènement important survient (la perte de quelqu’un, un licenciement ou tout autre traumatisme). Il s’agit en réalité de rattraper le fil de la conversation et de s’y tenir (où est-ce que je me situe maintenant ?) sans se laisser distraire par ce qui se passe autour de nous.

 

Si vous étiez un fermier et que vous essayiez de récolter le fruit de la saison précédente, vous vous épuiseriez à moissonner quelque chose qui n’est plus. De la même façon tenter de cueillir des fruits trop mûrs ou pas assez             n’est en rien profitable. Tout est une question de timing. Il s’agit de vivre la situation présente, comprendre ce qui est train de se passer et attendre le bon moment pour en récolter les fruits.

 

4ème question : où se trouve mon temple, mon lieu de recueillement ?

 

En 1996, David Whyte a écrit le poème « The House of Belonging » dans lequel il parle d’une ancienne jolie petite maison dans laquelle il est venu vivre après la fin de son premier mariage. Dans ce poème il écrit :

                                            Voici le temps de ma solitude d’adulte

Et j’appartiens à cette solitude

Tout autant que j’appartiens à ma vie 

 

Cette maison représente pour l’auteur un nouveau départ fait de deuil mais aussi d’exaltation. Même si cette maison était petite et ancienne il la voyait comme remplie de perspectives et de nouveaux horizons comme si le restant de sa vie commençait à cet endroit. Il est important d’avoir l’équivalent de cette maison à chaque moment clé de notre vie. Où vous sentez-vous comme chez vous : dans votre appartement ? En bord de mer lors d’une balade ? Où avez-vous ce sentiment d’espace rempli de perspectives ?

 

Le philosophe français Gaston Bachelard met en exergue le fait que ce chez soi représente un endroit où vous pouvez rêver de votre avenir, un lieu protégeant vos rêves et où vous vous sentez assez en sécurité pour pouvoir vous lancer dans ce monde.

 

5ème question : puis-je être silencieux même intérieurement ?

 

Chacune de nos traditions religieuses, contemplatives, artistiques recommande d’apprendre à être seul et entretenir une relation avec le silence. Ce n’est certes pas  facile mais cela peut commencer avec le moindre moment calme qui se présente à nous. Rester silencieux au milieu d’un rythme de vie frénétique c’est comme choisir un nouvel instrument. Si vous n’avez jamais joué du violon et que vous essayez d’y jouer pour la première fois chaque muscle de votre corps vous fera souffrir. Ensuite à force de pratique vous entendrez votre première bonne note, puis un bref extrait  et enfin le son d’une douce mélodie retentira.

 

Cette analogie avec le silence prend tout son sens. En effet, vous ne souhaitez pas être confronté à votre silence intérieur la première fois mais à force de le côtoyer vous vous y habituez, vous l’apprivoiser. Le silence aura ainsi un effet inverse et sera une véritable invitation à ceux souhaitant se joindre à vous dans ce silence, ceux désireux de connaître qui se tient là dans le silence.

 

Vous l’aurez compris, David Whyte sait poser les bonnes questions, celles qui vous mettent face à vous-même. A travers ces questions vous apprenez à mieux vous connaître.  Vous verrez qu’en étant en phase avec vous-même les autres viendront se dévoiler à vous tout naturellement.

 

Pour découvrir la deuxième partie de cet article rendez-vous dans 15 jours, soyez sûrs que les cinq autres questions vous laisseront tout aussi songeur. Prêtez-vous au jeu, répondez aux questions vous ressentirez une grande paix intérieure !

 

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