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Avoir de l’empathie c’est bien ; en avoir trop nuit à votre performance !

Dans l’article paru en janvier-février 2016 dans le magazine Harvard Business Review « The limits of empathy», Adam Watz révèle qu’une empathie démesurée peut mener à une contre-productivité, quels que soient le domaine d’activité et le poste occupé.

 

Avoir de l’empathie se révèle être épuisant !

A l’instar des tâches cognitives lourdes, comme avoir à l’esprit plusieurs informations en même temps ou éviter les distractions dans un environnement de travail très actif, l’empathie épuise nos ressources mentales. Ainsi, les emplois qui exigent une empathie constante peuvent mener à une    « fatigue de compassion », à une incapacité aiguë d’empathie liée au stress et à l’épuisement professionnel.

Les professionnels de la santé, des services à la personne (médecins, infirmiers, travailleurs sociaux) et les bénévoles sont particulièrement à risque car l’empathie est au cœur de leurs tâches quotidiennes.

De manière générale, les conséquences de cette compassion incessante valent pour tous les secteurs d’activité. A long terme, elle peut conduire à un fort taux d’absentéisme et des erreurs répétées au travail.

 

Un jeu à somme nulle !

 

L’empathie ne draine pas uniquement l’énergie et les ressources cognitives, elle se tarit également. Plus je consacre d’empathie à mon conjoint, moins il en reste pour ma mère ; plus je donne à ma mère, moins je peux donner à mon fils. Notre désir d’être empathique et l’effort requis sont limités, qu’il s’agisse de la famille et des amis, des clients ou des collègues.

Ce même principe d’empathie préférentielle s’applique aux organisations. La compassion pour ses propres employés et collègues produit parfois des réactions agressives envers les autres. Cela peut amener les individus à négliger les opportunités de collaboration constructive.

Un sens de l’éthique mis à mal

L’empathie peut affecter le jugement éthique. En faisant un effort ciblé pour voir et ressentir les choses de la même façon que les personnes qui nous sont proches, nous nous approprions  leurs intérêts. Cela peut nous rendre plus disposés à oublier les transgressions ou même à nous comporter de façon inappropriée.

Le sentiment d’appartenance à un groupe et l’interdépendance entre les membres amènent souvent les individus à tolérer l’infraction. Cela rend leurs agissements moins répréhensibles tout en responsabilisant l’ensemble collectif au lieu de responsabiliser l’individu. Ainsi, l’empathie pour ceux qui sont dans le cercle immédiat peut entrer en conflit avec la « justice pour tous ».

3 moyens pratiques  pour ne pas subir les effets d’un excès d’empathie

Les managers et responsables d’équipe peuvent remédier aux effets nocifs d’une empathie excessive en :

 

1.attribuant des responsabilités « bienveillantes » au sein de l’équipe ou de l’entreprise : en demandant à chaque employé de cibler leur compassion plutôt que d’avoir de l’empathie pour tout le monde. Bien que l’empathie soit limitée pour une personne, elle est moins limitée lorsqu’elle est gérée par les employés.

2.faisant en sorte que cette empathie ne soit pas vécue comme un sacrifice de soi. Un état d’esprit contradictoire empêche non seulement de comprendre l’autre mais également de lui être réceptif. Il est possible d’éviter l’épuisement professionnel en cherchant des solutions intégratives qui servent les intérêts des deux parties.

3.accordant des temps de repos aux membres de l’équipe afin qu’ils puissent se concentrer sur leurs propres intérêts.

Malgré ses limites, l’empathie est essentielle au travail. Les dirigeants doivent donc s’assurer que les employés l’investissent judicieusement. En essayant de faire preuve d’empathie, il est généralement préférable de parler avec les personnes de leurs expériences plutôt que d’imaginer comment elles pourraient se sentir, comme le suggère Nicholas Epley dans son livre Mindwise.

 

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